Ce matin, j'étais en ville. Comme beaucoup d'autres. Je pensais à ces cadeaux, les uns amusants, les autres plus sérieux, mais tous ayant pour objectif de faire plaisir. Et tout en déambulant dans les rues perpignanaises, j'ai pris le temps d'observer tous ces individus qui se pressaient autour de moi. J'ai surtout observé leur regard. Et quelque chose m'a frappé, quand j'ai fait le bilan de mes observations, qui sont les suivantes:

- certains ont le regard triste, ces yeux sans lumière, ces yeux sans rêves. Ces rêves qui vous permettent parfois de vivre encore. Peut être les avaient ils réalisés, et étaient donc morts sans même sans rendre compte. Ni eux, ni leur entourage. Peut être les avaient ils oubliés.

- certains avaient les yeux rivés au sol. Et même si ceux-là, par pure curiosité, intérêt ou indiscrétion, je les ai suivi un moment, ils ne m'ont dévoilé une part d'eux mêmes, comme si la vie ne leur avait appris qu'à regarder en bas.

- certains avaient un regard apeuré. Peur de ne pas trouver tel ou tel présent? Peur des autres? Peur d'eux mêmes? Peur sans raison, juste parce qu'il faut avoir peur aujourd'hui? Peur de réaliser leurs rêves peut être, et qu'alors, ils n'existent plus. Je ne sais pas... mais peur tout de même.

- certains possédaient un regard intense, puissant. Mais si on s'arrêtait un instant et on essayait de voir au delà de leur pupille, on se rendait bien vite compte que ce n'était qu'un jeu. Un personnage qu'ils s'étaient créé, et auquel ils croyaient désormais.

- certains exhibaient un regard interrogateur, prêts à vous agresser uniquement par le fait que gratuitement vous vous intéressez à eux. Cette intrusion sans condamnation ni tact sans doute, ils n'en ont pas l'habitude ni l'envie.

Et d'autres regards encore. Mais dans l'ensemble, tous rembrunis, sombres, même pour les plus clairs d'entre eux.

Alors je suis rentrée chez moi, le coeur un peu chagriné de ce constat. Si au moins cela pouvait permettre de glisser secrètement un peu de bonheur dans le leur, j'en serai heureuse. Mais j'en doute.